«The Neon Demon» : délicieusement malsain
20 juin 20165 ans après le génialissime « Drive » et 3 ans après l’étrange « Only God Forgives », Nicolas Winding Refn revient sur nos écrans avec un film encore plus expérimental.
Pour la première fois, le réalisateur danois s’intéresse aux femmes ! Fini la filmographie uniquement masculine (« Pusher », « Bronson » …) : NWR trouve désormais la féminité « beaucoup plus fascinante à traiter ». Obsédé par le beau, le cinéaste s’est évidemment penché sur le monde de la mode et des mannequins. Il raconte ainsi l’histoire de la belle Jesse, jeune ingénue incarnée par Elle Fanning, qui part s’installer à Los Angeles pour devenir top model.
Comme d’habitude, ce qui compte le plus dans le cinéma de Winding Refn, c’est la réalisation. Si cela a pu lui jouer des tours, avec des films comme « Valhalla Rising » et « Only God Forgives », tellement centrés sur la forme que le fond paraissait inexistant, cette fois, la forme sert complètement le fond. Critique d’un milieu malsain, d’un univers de jalousies et de mesquineries, NWR réalise un peu son « Black Swan » à lui. Avec une esthétique de grande classe, belle à en mourir (comme Jesse), des teintes saturées à l’extrême et une ambiance qui frôle parfois les genres du film d’horreur et de la science-fiction, « The Neon Demon » ne laissera pas indifférent. Le démon du néon (représenté par des triangles) fait froid dans le dos.
A noter également, la composition musicale, une nouvelle fois incroyablement juste, de Cliff Martinez. On se demandera toutefois pourquoi NWR a choisi de faire apparaître si furtivement Christina Hendricks, Keanu Reeves et même Karl Glusman (révélé par Gaspar Noé dans « Love »). Il s’agit donc d’un film à voir absolument, si possible plusieurs fois !
Thriller franco-américano-danois de Nicolas Winding Refn avec Elle Fanning, Jena Malone et Bella Heathcote. Durée : 1h57 Interdit aux moins de 12 ans
